PATRIMOINE

Des récits partagés pour un voyage dans la culture.

La fontaine Gueydon

Fort de France en plein milieu du XIXème siècle, fait face à de gros problèmes d’approvisionnement en eau potable. Petit rappel sur la situation de l’île en ce XIXème.

En 1802, elle passe de nouveau  aux mains de la France, suite à la Paix d’Amiens signée avec l’Angleterre. Sous l’empire, Fort  Royal devient le “chef lieu de la colonie” et se fait nommée Fort de France. Nom demeurant même lors de la nouvelle occupation anglaise. Contrairement  à la ville de Saint Pierre, elle devient surtout une ville administrative, militaire et portuaire. D’ailleurs y sont réalisés: le bassin raboud et port de carénage. L’aménagement urbain n’y fait pas défaut. Il donne lieu à des projets d’assèchement des zones marécageuses, au découpage de la ville, entre autre chose.

Plusieurs évènements vont tout de même marquer le cours de son histoire. Elle est détruite par de nombreux fléaux comme le fameux tremblement de terre de 1839. Toutefois elle retrouve le courage de se reconstruire à chaque fois.

A partir de 1848, la ville connaît un essor de population du fait de l’arrivée des libérés de l’esclavage venant grossir les rangs des populations qui s’y trouvaient déjà. La ville passe de 9 200 habitants (environ) à 17 000 (environ). L’industrialisation des anciennes plantations sucrières favorise un mouvement d’exode vers ce chef lieu attractif. En outre, un élément non négligeable connu sous le nom de baisse de la mortalité participe à cet élan démographique.

Le nouveau défi à relever est donc de permettre l’accès à l’eau potable à toute sa population. L’amiral comte Louis Henri de Gueydon, alors nommé gouverneur de l’île, décide donc de s’attaquer au problème. Il fait construire un château  d’eau confié aux soins des militaires. L’eau détournée, issue de la rivière Case-Navire sur les hauteurs du quartier Didier se déverse par le biais d’un aqueduc dans une “monumentale fontaine en forme de vasque” dans un quartier en contrebas. Ce procédé d’acheminement permet une distribution dans divers quartiers de la ville. Une vie parvient même à s’organiser autour de cette fontaine.

Le temps passe le temps laisse. La  modernité de sa main implacable réduisit à néant cet illustre travail. Heureusement, il ne fut pas détruit, bien ancré dans le sol de sa ville natale.

En effet, l’évolution permit l’arrivée de l’eau aux robinets des maisons. Peu à peu la fontaine perdit de son  utilité et de ses habitués. L’eau se mit à couler de moins en moins pour ne plus couler du tout. Aujourd’hui, la fontaine se cache dans la végétation urbaine, presque que honteuse d’être là.

 

Des projets de rénovation ont été proposés pour une réhabilitation mais pour le moment… Au delà de la beauté du site, certains diront:”Ô gaspillage”! Une eau peut-elle couler sans raison d’être? Néanmoins, on peut la définir comme une véritable oeuvre architecturale. Autant pour la prouesse technique que pour l’immensité de l’édifice. Merci à ceux qui s’attachent à parler de celle qui donna une vie à cette partie droite du Canal Levassor.